Je suis charlie Smell Of Female

 

 

/// J’étais en train de préparer un article avec mes calendriers en Printable lorsque la nouvelle est tombée : CHOC ! Voilà le seul mot que je suis arrivée à écrire. Et puis j’ai regardé, écouté, lu, entendu, et puis j’ai essayé de prendre du recul. Trois jours pour prendre du recul c’est peu.

 

Au-delà du choc, de la tristesse et de la peur, ce que j’ai ressenti, c’était aussi un élan, une incroyable communion et c’était rassurant. Parce que l’on est comme ça, nous, les humains, on se rassemble quand ça va mal, pour se rassurer, se réchauffer et s’entraider, parfois… Car attention, il faut que ça aille très mal, sinon on ne se rassemble que pour le foot. Et je ne jette pas la pierre, je fais pareil, on fait tous pareil, difficile de se remettre en question quand tout va bien, hein? Et même si tout ne va pas bien, même s’il y a le chômage et la crise, les guerres sont loin de nos portes et on arrive quand même à s’en sortir pas trop mal en courbant juste un peu le dos pour ne pas trop voir ce qu’il se passe.

 

Alors peu importe si ce désir de rassemblement est lié à un instinct grégaire de survie, la cause est noble donc profitons-en. J’entends déjà des voix qui se désolidarisent. Je les respecte et j’espère juste que ce n’est pas juste pour se démarquer de manière narcissique. Certains critiquent le fait de manifester au lieu de faire quelque chose quotidien, alors que l’un n’empêche pas l’autre. D’autres voix se font entendre et là je n’ai plus aucun respect pour elles, des voix qui parlent de vengeance, de mise à mort, qui répondent à la barbarie par la barbarie.

 

J’ai aussi lu les paroles de certaines blogueuses mode qui s’interrogeaient sur la futilité de ce qu’elles faisaient ou vivaient. Même si depuis quelques temps je me demandais comment faire bouger les choses à mon petit niveau, j’ai fait comme elles, la peur m’a ouvert les yeux plus grands pour voir au-delà de mon petit monde. J’avais commencé à écrire un article sur l’utilité de la futilité pour lequel j’avais trouvé cette citation de Nabokov : «L’imagination n’est fertile que si elle est futile». Continuons donc à rêver, créer ne serait-ce que pour rendre hommage aux trublions de Charlie. Créer c’est résister.

 

/// Maintenant tout le monde reprend une activité normale. On a envie d’oublier, on a envie de positif et c’est normal, il faut rester debout. J’ai envie de ça, et pourtant j’ai comme une impression de gueule de bois, trop d’informations, trop de mots, trop de sentiments, tout ça a du mal à passer… Et malgré le goût amer au fond de la gorge, je caresse le fol espoir que tout ça serve à quelque chose, que nous n’oublierons pas, et que nous utiliserons notre liberté de parole et d’action pour faire bouger les choses. Nous sommes capables de nous unir alors nous devrions être capable de changer le monde.

Ça commence par soi et ça peut faire des petits.

Alors je vous invite à lire ce texte qui résume tellement bien ma pensée. Il a été écrit par une « amie virtuelle » que j’ai l’impression de connaître tant je sens la sens vraie. J’aime ses coups de gueule, ses coups d’amour, et je l’admire aussi pour ses engagements au quotidien dans des petites ou grandes causes. En plus c’est une artiste dans la vie et de sa vie.

 

 

Une dernière chose avant de vous laisser lire son texte : n’oubliez pas de rire !!!

 

 

JE SUIS LOLA
Paraît que j’ai un cerveau de mouche. 
C’est du moins ce que pense un sombre inconnu de ma personne, sur base d’un commentaire laissé hier quelque part sur la toile. Un de ces innombrables commentaires au milieu d’autres innombrables commentaires teintés d’émotions qui débordent de partout, entre tristesse, colère et rage.

J’ai probablement un cerveau de mouche ( je laisse à ce monsieur le bénéfice du doute ). Ou de tulipe. Ou peu importe. Mais ce qui m’a valu ce petit mépris est le fait que ce monsieur ne soit juste pas d’accord avec moi.
C’est bien de cela qu’il s’agit.
Si tu n’es pas d’accord avec moi, je t’insulte. Je te diminue. Je te cloue au pilori. Je te tue.
Si tu n’es pas d’accord avec moi, il faut que je te supprime pour que mon avis soit omnipotent.
C’est cela la violence.
C’est quand l’écoute a disparu.
Ce sont les mots qui manquent.
C’est cet orgueil intolérant.
C’est le refus d’admettre que l’autre a son point de vue.
C’est se prendre pour dieu. Pour cette unique entité qui a raison.

Quand cette violence n’a plus de balises, quand son langage s’arme, elle se transforme en carnage.
Et tout le monde devient Charlie.
Et tout le monde crie à la liberté d’opinions.
Et tout le monde se scandalise.
Quand cette violence se cache derrière un lol, une petite remarque acerbe, une moquerie planquée sous couvert d’humour, personne ne s’offusque, personne n’est Charlie, personne est tout le monde.
J’assiste depuis des mois à une guerre sans merci entre certains de mes contacts FB. Une guerre qui n’a pas lieu d’être et qui est devenue une surenchère d’injures, de dénonciations, poussant certaines personnes à devoir choisir un camp sous peine d’être gommé, méprisé, insulté. C’est d’une violence inouïe. Une violence où il est permis d’assassiner l’autre, de se retrancher derrière son petit bouclier de victime, et de repartir au combat sans vergogne, juste pour …. avoir raison.

Il serait vraiment temps de cogiter à cette tumeur en nous. A ces graines de violence que nous nourrissons jour après jour comme on bichonne sa kalachnikov. A ces mots qui tuent l’autre, qui diminuent, à ce mépris que l’on assène la bouche pincée.
Il serait vraiment temps d’éradiquer ce kyste purulent, ces petites haines ordinaires, ces jugements continuels qui classent, hiérarchisent, condamnent.
Il serait temps de sortir de notre obscurantisme, de nous remettre en questions, de traquer à chaque instant notre propre violence.
Il serait temps de comprendre que l’autre, en face, souffre exactement du même cancer que toi : il est persuadé d’avoir raison. Avec la même intensité que toi. La  même ferveur. Le même orgueil.
Cherche à lui imposer tes idées et il fera pareil.
Méprise le et il te méprisera.
Crache lui à la gueule, frappe le, insulte sa femme, son fils, sa mère, mets le à terre.
Mais n’oublie pas une chose.
Si cet autre, à terre, sous tes coups, se soumet à ton opinion, ce sera par peur. Et non par réflexion.
Si cet autre, à terre, se relève, ce sera pour te démolir. Et non pour t’embrasser.
Si cet autre, à terre, s’arme, tu seras à terre à ton tour.

La violence que nous condamnons tous, nous en sommes tous responsables.
L’extrémisme que nous jugeons commence déjà dans nos phrases pleines de « jamais » et de « toujours », dans nos convictions inébranlables et nos certitudes absolues.
La liberté d’expression que nous brandissons comme un étendard, nous la refusons à celui qui n’est pas d’accord avec nous.
La paix que nous réclamons tout en faisant la guerre à celui qui ne nous la fout pas.
L’enfant que nous dressons à nous obéir, à se soumettre, sous peine d’être puni.
Il y a mille formes de violence.
Il y a celle qu’on accepte. Il y a celle qu’on condamne.
La première est pire que la seconde.
La seconde fait l’audimat des medias.
Notre société n’est pas plus violente que les précédentes.
Que du contraire.
Mais l’humain garde en lui cette violence ancestrale, ce désir de punir, de venger, d’accuser, de pointer, de lapider, de détruire.
La violence prend sa source dans notre narcissisme, notre besoin de reconnaissance, d’être unique, d’être ce bébé extraordinaire dont on assouvit tous les besoins sans frustration.
La violence s’entretient dans la soumission des familles, des écoles, des gouvernements, des nations, des drapeaux.
La violence se nourrit de manque d’éducation, de manque d’information, de paresse, de télévision, de consommation, d’idées toutes faites, de convictions populistes.
La violence n’est pas qu’une affaire de religion ou de politique ou de nationalité.
Elle est en chacun de nous.
A chacun d’entre nous de l’éradiquer.

Bon ouikende les gens. Aimez-vous. C’est un ordre.
😉

 

Lola rastaquouere